Se préserver, en tant que mère... c'est laisser la place aux autres!


Vous avez remarqué? On se plaint - je me mets dans le lot, j'ai été comme ça aussi!- continuellement de ne pas être aidé à la maison - par notre conjoint(e), par nos enfants... Et quand ça arrive, nous devons expliquer ce que nous voulons et même souvent comment faire, avec l'espoir bien souvent déçu qu'à l'avenir, cette personne rende le même service spontanément. Et pourtant, ça n'arrive pas : cela reste ponctuel.

Alors oui on peut se plaindre - ça défoule - mais si la situation se reproduit encore et encore, au lieu de chercher ce que je pourrais changer chez l'autre, je peux m'interroger : qu'est-ce qui, chez moi, induit ce comportement ?


J'ai une bonne amie qui, pendant plusieurs années, a exercé des activités professionnelles depuis la maison, ce qui lui a permis d'assumer une bonne part des tâches ménagères -par choix : à cette période de sa vie, leur couple était tout à fait au clair avec la répartition des tâches.

Avec une famille nombreuse et une vie assez remplie, elle avait organisé beaucoup de choses concernant les tâches ménagères, afin de se simplifier la vie.


Elle voyait sa cape de WonderWoman voler dans son dos


Quand elle a repris un travail salarié, elle a suscité l'admiration de ses amies : pensez, jongler avec plusieurs activités professionnelles à temps partiel, 4 enfants et un engagement associatif relativement intense... Je voyais la cape de WonderWoman, que ses amies lui attribuaient, voler dans son dos.

Aussi, elle s'était promis de continuer à assumer à la maison autant de choses qu'avant. Je la vois encore lancer les lessives le soir, qu'elle étendrait le matin tôt avant de partir au travail, et cuisiner d'arrache-pied le week-end et congeler des plats tout prêts en portions pour la semaine...

Jusqu'à ce moment où l'activité professionnelle a été tout simplement trop intense, et où elle a assumé moins à la maison, non pas par choix ou même consciemment ; tout simplement elle ne savait même plus qu'elle ne les faisait plus.


Et là, nous sommes entrés dans l'ère du "choisis comment tu veux faire"


Et là elle et sa famille sont entrés dans une autre ère : elle a quitté celle où elle répondait patiemment au téléphone à son mari pour lui expliquer le fonctionnement du lave linge - tout en adressant un sourire entendu à ma voisine de bureau. La confrérie - ou plutôt consoeurie des femmes qui expliquent régulièrement à leurs maris le fonctionnement des appareils ménagers est, il me semble, bien répandue en entreprise.

Elle a quitté cette ère, donc, pour entrer dans l'ère où le linge était lavé, séché, rangé... Sans qu'elle ne s'en soit préoccupée. Certes, d'une façon totalement différente de la sienne : elle affectionnait le tri du blanc et des couleurs, son mari a simplement tout lavé ensemble avec des lingettes anti-décoloration. Elle rangeait le linge en piles distinctes, enfant par enfant, son mari a convoqué les enfants pour qu'ils viennent se servir et plier eux-mêmes leurs affaires. Modus operandi différent, mais le résultat était là, et manifestement avec un processus optimisé, car dépensant moins d'énergie que mon amie ne le faisait.

Quand elle m'a raconté tout cela, j'ai pensé à une discussion que j'avais eue avec mon frère des années auparavant : appelé à travailler avec des équipes de pays étrangers, il m'avait expliqué qu'il avait dû apprendre à lâcher prise sur le processus - les équipes étrangères ayant, par leur culture différente, d'autres façons de faire -, ce qui représentait pour lui une forme de renonciation, pour se focaliser sur le résultat, qui après tout, était le plus important.

J'ai pensé aussi à une interview du musicien Wojciech Kilar, à propos de la superbe musique qu'il a composé pour le dessin animé "Le roi et l'oiseau" de Paul Grimaud : s'il a pu faire quelque chose d'aussi beau, dit-il en substance, c'est parce que le réalisateur lui a fait confiance. Il lui a laissé une grande liberté, et c'est cette liberté qui a permis une aussi belle création.


"ça m'a fait un pincement au coeur de voir tout cela fonctionner sans moi"

Car mon amie me l'a avoué : ça lui a fait un pincement au coeur de voir tout cela fonctionner sans elle :

- parce qu'elle avait tout parfaitement organisé et que manifestement, ça pouvait fonctionner autrement : mais alors, pourquoi s'être embêtée aussi longtemps, avoir dépensé autant d'énergie à vouloir agir comme une mère/épouse parfaite?

- parce que cela posait la question de sa place dans la maison : si c'est si facile d'assumer ces tâches et que quelqu'un d'autre peut le faire, alors elle, elle sert à quoi? Quelle est sa place, son rôle?

- au final, sa cape de Wonderwoman, qui était le symbole à la fois, de l'importance du rôle qu'elle assumait, en prenant beaucoup en charge, et de la perfection, de l'intensité avec laquelle elle assumait ce rôle... Sa cape, risquait-elle de la perdre?


Et là, on touche au coeur du réacteur, il me semble, de son propre frein de femme à une plus juste répartition des tâches à la maison :

- se libérer des injonctions ; les nôtres (je veux que cela soit parfait) et celles qui viennent de l'extérieur (les copines, la mère, etc, qui veulent elles aussi, que ce que nous faisons soit parfait )

- réfléchir à ce que nous voulons faire à la maison... être au clair avec ce que pourrait être notre rôle, permet de pouvoir ensuite en discuter en couple d'une façon moins ambivalente, plus transparente.

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